Théories du Leadership

Qu’est-ce que le leadership ? Comment être un bon leader ? Comment reconnaître une personne ayant un fort leadership ? Quels sont les points communs des leaders ? En quoi les émotions peuvent-elles avoir une influence sur le leadership ? Comment mesurer le leadership ?

définitions du leadership

Leadership : quelles caractéritiques ?

Que disent les théoriciens sur le leadership ?

Les leaders ne sont pas identiques bien qu'ayant des caractéristiques communes...
* 3 leviers du leadership caractérisent les leaders.
* Mais aussi certaines émotions dominantes.

Quel leader êtes-vous ?
Comment développer votre leadership ?

3 leviers du leadership : Vision, Charisme et détermination

Leadership et vision

La vision est une composante du leadership fondamentale. Elle repose essentiellement sur l’innovation, qui peut être technologique, mais aussi dans les process, les modes de management, sociale, etc.

Steve Jobs, qui est apparu comme l’un des leaders les plus grands visionnaires des 30 dernières années dans le monde de l’entreprise est emblématique de cette qualité de leadership. Sa vision a porté les équipes, son exigence a stimulé l’investissement, la liberté a permis de déployer un maximum de créativité.
Ainsi, le leadership basé sur la vision sera souvent associé à du rêve, de la liberté et de la nouveauté et vient en opposition avec les sentiments précédemment cités. La force du leadership visionnaire est associé à des émotions presque utopiques qui embarquent les personnes dans du rêve et marque un sourire et des yeux au ciel pour son auditoire. Martin Luther King commence son discours si connu par cette fameuse phrase « I have a dream » et répète cette phrase à plusieurs reprises en apportant des exemples à l’époque incroyables : un idéal à atteindre qui devient une vision collective (l'inconscient collectif). La physique quantique parle d’inconscient collectif, la vision du leadership n’est-elle pas dans cette logique ? Inspiratrice, appelant un cœur heureux à la perspective de l’atteinte de cette vision. Elle s’inscrit dans un rêve qui donne des ailes, transporte l’auditoire vers un idéal espéré et positif. L’inspiration, la motivation émanent d’une quête, et enveloppe les protagonistes d’une énergie positive. Plus d'info sur la vision dans le livre "Développer la vision et la stratégie de l'entreprise".

Leadership et charisme

Selon certains, le leadership est une question de charisme, de capacité à fédérer et motiver autour d’une vision.

Max Weber est le premier sociologue à avoir abordé cette notion. Il voit dans le leader charismatique celui qui repère un chemin, une stratégie notamment dans des situations de rupture, et qui a cette capacité à expliciter les sentiments cachés de son public.
Ainsi, le leader charismatique serait une figure capable d’empathie et de psychologie face à un collectif : deviner et énoncer ce que l’auditoire a envie d’entendre. C’est ce qui est évoqué par certains analystes lorsqu’ils comparent Donald Trump et Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle en termes de leadership : Trump aurait su répondre au plus grand nombre en allant parler à l’inconscient de certains et en devinant la stratégie oratoire à adopter…
Mais le leader charismatique aurait besoin d’autres qualités pour être doué d’un réel leadership… Dans cet exemple de Donald Trump, la stratégie oratoire est basée sur la colère de son public. Il dénonce, fustige, et utilise des propos choquants, et son « charisme » est lié à la force du ton et le choc des mots plus qu’à l’intelligence même des propos. Ainsi le leadership charismatique ne serait pas nécessairement le reflet d’une intelligence de fond, mais plus une adaptabilité à l’auditoire, pour répondre à ses sentiments parfois les plus enfouis et une force de conviction par une force des propos, menée potentiellement par la colère, ou embarquant un public en colère. On pourrait reconnaître quelques figures politiques des extrêmes en France sur ce même schéma peut-être. Ainsi le leadership pourrait être directement relié à l'intelligence émotionnelle.

Leadership et détermination ou fermeté

Voyez-vous Margaret Thatcher comme une figure emblématique de leadership ?

Elle est décrite comme un exemple de leadership autoritaire et viril. Sa conception du pouvoir est basée sur l’ordre et la rigueur, la fermeté en cas de conflits. Le Leadership autoritaire ou directif mène ses équipes vers un but, tel un Napoléon qui trace la route des soldats et la suivent, renforcés par les succès de batailles qui se cumulent et font de chaque soldat un héros. La rigueur du leader et son ambition de pouvoir sont alors les leviers de son leadership, tout en étant nourris par un idéal de monde de paix, où tous les pays seraient réunis sous un même règne. La crainte du déserteur guide néanmoins l’énergie première qui fait aller au combat alors qu’une forme de douceur de la vie dans les campagnes est abandonnée au profit du combat.

Leadership et émotions

Quelle est la grande différence intérieure que vous vivez ?
En quoi cela impacte-t-il la force de votre discours et l’écho produit chez votre auditoire ?

La force du leadership est liée aux émotions vécues et retransmises par l’orateur dans son discours, par une vision claire et retranscrite avec charisme et la puissance d’une confiance aveugle.

Lorsque Marc Twain dit « Ils ne savaient pas que c’était impossible, c’est pour ça qu’ils l’on fait », il énonce les limites de l’intellect face à la force des émotions et du rêve, ou encore la naïveté de l’enfant qui pourra tenter de traverser une rivière pleine de crocodiles. Cette naïveté se révèle dangereuse, car la peur est vertueuse lorsqu’elle protège notre survie.
Le leadership est une forme de puissance qui ferait sauter d’un pont les plus frileux, oubliant leur vertige ou leur peur de l’eau et s’élançant dans un plongeon, désinhibés par la force du leader et l'émulation collective induite.

Chez les personnes douées d’un leadership fort, on pourra identifier des formes oratoires différentes.

Le leadership de la colère

Pour ceux portés par la colère, on pourra détecter un ton de voix fort qui prend tout l’espace et résonne dans les oreilles. C’est une sorte de furie si l’on reprend l’exemple d’Hitler. Un cri de colère si on voit certains leaders de manifestations derrière lesquels suivent des milliers de personnes transportées par cette même émotion. Ainsi, le leader charismatique pourra aller chercher la colère de toutes les personnes en colère pour les embarquer derrière lui, pour des idéaux dont le fond importe peu. Ce qui transporte et permet d’être suivi est l’émotion de base.
Marine Le Pen gagne des points chaque année grâce à sa colère. Mais observez bien, elle la contient pour la maîtriser. Lors de la dernière présidentielle, elle a perdu dans ce fameux face à face où sa colère l’a rendue ridicule. Depuis, elle a appris à maîtriser, canaliser sa colère au service de la puissance. C’est ce qui la rend particulièrement « dangereuse » aujourd’hui. Ses lèvres montrent son vrai visage : une partie sourit au pouvoir (le droit), et l’autre partie montre de la haine et un esprit de revanche (le gauche)… C’est plus facile à observer en mouvement (vidéo) qu’en photo !

Le leadership et la peur

Se pourrait-il que la colère et l’espoir prennent leur source notamment dans la peur ?
Il y aura d’autres facteurs, notamment éducationnels qui auront une grande influence sur ce point. La peur de l’échec, la peur des injustices pourraient-elles faire évoluer une personne vers la colère ou l’espoir ?

N’est-ce pas d’ailleurs l’une des grandes stratégies des religions que d’utiliser la peur pour créer des leaders et martyrs qui suivent leurs mentors ?
Peur de l’enfer, espoir d’un paradis… Attention à la colère des dieux...
Le leadership trouve sa source dans les émotions et se traduit via une vision, du charisme et de la détermination.

Le leadership et l’espoir

Le rêve et l’espoir sont un élan du cœur. Le leadership peut aller toucher cette corde sensible en donnant du baume au cœur à son auditoire. Ainsi le leadership peut aller chercher, via la vision, une autre forme émotionnelle particulière en transmettant un élan, une envie, une vision positive.
C’est ce que fait Martin Luther King dans son discours. Il s’appuie sur une souffrance vécue en instillant l’espoir d’un jour meilleur. Lorsque Steve Jobs imagine en 1985 un ordinateur dans tous les foyers, il en fait de même. "Le meilleur moyen de prédire l'avenir est de l'inventer" dit-il un jour. Il apporte avec ses capacités de visionnaire une direction à suivre et impacte l’avenir.

Les grandes typologies de leaders et de leadership.

Si l’on se fie maintenant aux formes de leadership définies par le HBDI (Herman Brain Dominant Instrument) utilisées dans le test de management Assess Manager, nous identifions 4 grands styles de leadership :

Le Leadership paternaliste

Empreint de valeurs familiales qui réunissent les équipes autour d’un père qui inspire confiance. Ce leader paternaliste est sûr de lui, la confiance qu’il montre et la première instigatrice de l’énergie transmise, tout en montrant une certaine bienveillance parfois condescendante à l’égard de ses collaborateurs. Le bon père de famille est protecteur, il a de grands bras pour sécuriser l’entreprise et les salariés. Il mesure les risques et assure la continuité, gère son entreprise d’une main de fer, même s’il a parfois la bonhomie d’un casimir. On le voit moins aisément dans la presse car ce leader ne se montre pas forcément sous les projecteurs. Discret, l’image de confiance bienveillante et protectrice est sa botte secrète pour assoir son leadership. Il est exemplaire et suscite les valeurs de respect.

Leadership paternaliste : il rassure, apporte de la sécurité et puise son auditoire autour de la peur ou des personnes qui manquent de confiance en elles.

Le leadership participatif

Il a une tout autre coloration liée à l’intelligence collective, elle met en avant les qualités des collaborateurs et leur puissance collective. Ce leader est humble, il est aimé et suivi pour sa capacité intuitive à déceler chez les gens des qualités à révéler. Sa force est dans sa capacité à ressentir les potentiels des salariés pour leur donner les opportunités de briller. Il prendra aisément le risque de donner une opportunité de carrière déconnectée de la formation initiale du collaborateur pour développer son talent.

Ainsi, le collaborateur est associé au projet : il donne tout, puisqu’on lui a tout donné. C’est un leadership - management basé sur l’espoir, qui créé un idéal à atteindre. La force de travail va se déployer grâce au « gap » entre l’état actuel et l’état désiré qui génère une émulation collective naturelle. Ne pas décevoir, relever les défis. La vision est collective.

Le leadership participatif n’est pas chose facile à gérer sur le long terme, car ne se mettant pas en avant, le leader laisse une place vacante aux leaders de pouvoir. Ainsi, comme le note Antonin Gaunand, le leadership a une durée limitée dans le temps, particulièrement pour cette forme de leadership.

Le leadership délégatif

C'est une forme dérivée du leadership participatif. Ce dernier ressemble au précédent mais s’appuie davantage sur une vision qu’il impulse. C’est ce qui lui permettra de durer plus longtemps car ses qualités de visionnaire l’aident à garder le leadership. Il donne le cap et fixe les objectifs. En complément, le leader délégatif a à cœur de s’appuyer sur les équipes pour trouver la voie, les process, la mise en oeuvre des objectifs. En donnant de la latitude, une forme de liberté aux équipes pour mettre en œuvre la vision et les objectifs, les salariés sont parties prenantes du projet et se l’approprient pleinement en devenant responsable de leur succès.
Le leadership délégatif s’appuie souvent sur les émotions de l’espoir et du rêve, tout en étant pleinement ancré dans le concret.

Le leadership directif

Si nous voulons prendre une représentation iconique du leadership directif, Margaret Thatcher citée plus haut pourrait être une figure assez proche du leadership directif. Ce leader représente l’autorité. Il dicte ce qu’il convient de faire et s’appuie sur la peur des représailles ou la peur de faire une erreur. Le leader directif est une personnalité plutôt froide qui, rarement, se mettra dans une colère forte et glaciale.

Il entretient son autorité par la peur que sa colère froide n’éclate, ce qui est rare mais mémorable. Il est extrêmement exigeant tant envers lui-même que les autres et ne supporte pas les demi-teintes ou l’approximation. Une colère froide se traduit potentiellement par des propos cinglants, marquants, parfois humiliants qui assoient une forme de rapport de domination.

L'énergie et la chimie dans le leadership

Revenons à notre introduction à présent… Le leadership s’appuie sur l’énergie du leader, qui s’exprime de différentes façons. Nous avons évoqué l’importance des émotions dans le langage plus ou moins conscient du leader pour assoir son leadership. N’oublions pas que nous sommes des mammifères évolués, mais que nous empruntons, dans l’inconscient, un fonctionnement animal qui dépasse la logique intellectuelle…
Pour illustrer notre propos, nous prendrons l’exemple des fourmis…

Les phéromones du Leadership

Le leadership d’une personne se constate par sa capacité à être suivie par un groupe. Analysons brièvement les fourmis pour comprendre leur fonctionnement, et par analogie, le nôtre…

Les fourmis possèdent de nombreuses glandes qui produisent, stockent et sécrètent notamment les phéromones. Les utilisations des phéromones sont très nombreuses. Les phéromones permettent aux mâles et aux femelles de se retrouver pour la reproduction, aux ouvrières de marquer le territoire pour chercher la nourriture, d’organiser la défense de la fourmilière… Et à la reine d’appeler ses ouvrières.
Ainsi, on peut imaginer que le leader (humain), à l’image de la reine, dégage un certain type d’énergie qui lui permet d’être suivi, grâce à un mécanisme chimique du même ordre - production hormonale - activé par les émotions notamment et relayé par la thyroïde…. Sans entrer dans un cours trop complexe, voici ce qu'il se passe : chaque émotion (peur colère, joie, espoir...) modifie l'équilibre hormonal, active la sécrétion de diverses hormones via les glandes endocrines (hypophyse, thyroïde, glnades surrénales, etc) ou des neurotransmetteurs, lesquels sont captés intuitivement par l'auditoire.
N'avez-vous jamais entendu quelqu'un dire "j'ai des antennes pour capter les gens" ? ou encore "je sens les gens" ?
Nous avons des fonctions chimiques dans notre corps pour capter les effets émotionnels des leaders, dont l'onde a certainement une coloration particulière pour créer la fonction suiveur, à l'image des fourmis !

Si vous avez lu Bernard Werber, « Les fourmis », cet exemple vous parlera. D’ailleurs, si nous mettons une personne douée d’un certain leadership dans une salle au milieu de 50 personnes, on la reconnaîtra assez vite sans qu’elle ait pour autant eu besoin de s’exprimer. Elle dégage assez naturellement quelque chose. Dans la façon de tenir son corps notamment, son regard, sa force.
Ainsi, l’énergie dégagée par une personne douée de leadership sera souvent proche de ce que l’on voit dans les Marvels avec les « méchants » et les « gentils ». Les uns, portés par l’énergie de la colère et de la revanche, les autres, portés par la volonté de protéger le monde, répandre le bien, une force d'amour.

Et vous, sur quel type de leadership vous appuyez-vous pour que l’on vous suive ?

SYNTHESE LEADERSHIP


  • 3 leviers du leadership sont le Charisme, la vision et la détermination.
  • Les leaders ressentent les besoins de l'inconscient collectif.
  • Le leadership s'appuie sur les émotions : peur, colère, espoir et amour.
  • La force des émotions aide à dépasser des limites et décuple les énergies.
  • 4 styles de leadership sont traditionnellement rencontrés en entreprise.
  • Le leadership est une forme d'énergie générée de façon chimique. La reine des fourmis nous éclaire sur ce fonctionnement.

Testez votre style de leadership

Si vous avez apprécié cet article, vous apprécierez le livre "Le management à porter demain" du même auteur.

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